LE VOYAGE DE SARA (2007)

 

Moyen métrage documentaire Haute définition
Durée : 52 minutes

 

Réalisation : Guy Simoneau
Recherche et scénarisation : Guy Simoneau
Assistante-réalisatrice : Sophie Tarte
Directeur photo : Martin Leclerc
Preneurs de son : Simionie Kanayuk et Philippe Scultéty
Montage : Alain Després
Musique : Alain Auger et Taima (Élisapie Isaac)

Coordonnateur local: Mario Aubin (NASTC)
Production : Productions Grand Nord
Producteur : Ian McLaren
Télédiffuseurs : Société Radio-Canada, APTN et TV Cultura, Brésil
Distribution : Ciné Fête
Distribution internationale : Filmoption International

"Un documentaire très touchant".
Marie-Andrée Lemay, Le Soleil

"Émouvant et parfois déstabilisant".
Amélie Gaudreau, Le Devoir

Il y a 12 ans, à Puvirnituk, un petit village inuit haut perché dans le Grand Nord, naissait Sara Napatuk. Adoptée à sa naissance par un couple de Québécois, Sara n’a jamais vécu le long de la baie d’Hudson. Mais un jour, du haut de son mètre 40, elle décide de partir à la découverte de sa terre natale et de sa famille d’origine.


Mot du réalisateur

Le film raconte l’histoire de Sara, une jeune Inuite de 12 ans, adoptée à sa naissance par un couple québécois, Stéphane Lupien et Nathalie Masson, qui travaillaient à l’époque dans le Grand Nord, lui comme dentiste, elle comme travailleuse sociale. 

Un jour, Sara a exprimé le désir de retourner dans le Grand Nord, de voir et de connaître sa famille d’origine, de découvrir ses racines et sa terre natale. J’ai rencontré Sara et sa famille adoptive la première fois grâce à un ami, Paul Vachon. Il me suggérait là un excellent sujet de documentaire. 

La petite Sara, timide au début, peu bavarde, devint au fil du temps et des rencontres, très à l’aise, sans pour autant être démonstrative.  Déjà, elle me faisait penser aux Inuits, plutôt discrets et peu bavards. 

Mon premier voyage à Puvirnituk, un village de 1 600 habitants, s’est déroulé à l’été 2006.  Je suis parti à la rencontre de la famille de Sara et à la découverte de leur coin de pays, dans le but de leur expliquer le projet, né de la volonté de Sara.

J’ai vite découvert que la notion du temps, là-bas, n’est pas la même que la nôtre. Les rendez-vous ne se prennent pas de la même manière et les rencontres ne se déroulent jamais comme prévu. Heureusement, j’ai pu compter sur la collaboration extraordinaire de Patsy Tulugak, mon interprète durant le tournage du film. Patsy Tulugak m’a présenté à la famille de Sara : sa grand-mère maternelle, Jennie, celle qui avait « offert » Sara en adoption à Stéphane et à Nathalie, et sa mère biologique, Siasie. Peu de paroles, peu d’échanges au cours de ces rencontres. Je ne me suis jamais inquiété des silences, dans nos bribes de conversation en français, en anglais, ou en Inuktitut. J’avais laissé ma montre de côté, à l’hôtel, ayant compris que les heures fixes et les horaires n’avaient pas cours dans le Grand Nord.

J’ai quitté Puvirnituk sans promesse précise. Mais mon intuition me disait que je pouvais espérer tourner le film quelques mois plus tard.

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Au mois de mars 2007, toute la famille adoptive de Sara, accompagnée de sa meilleure amie, Véronique, embarquait à bord d’un avion Air Inuit en direction de Puvirnituk. 

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Pour ce film, j’ai tenté de faire ressortir les liens entre Sara et sa mère biologique et les autres membres de sa famille inuite, ainsi que certains aspects de cette culture. Le résultat n’était pas garanti. Je me disais que la frontière était mince entre ce que l’on pouvait appeler un « échec » ou une « réussite ».  Mais le destin, j’imagine, commanda des retrouvailles assez étonnantes, et révéla, chez Sara, un monde qu’elle avait gardé jusque-là secret.

 

Guy Simoneau