SIMENON EN AMÉRIQUE (2003)

 

Moyen métrage documentaire
Durée : 52 minutes

 

Réalisation : Guy Simoneau
Recherche et scénarisation : Guy Simoneau
Directeurs photo : Alain Bisson et André Lapointe
Preneur de son : Daniel Provencher
Montage : Michel Giroux
Musique : Bernard Buisson
Narration: Robert Lalonde, Dorothée Berryman et Luis de Cespedes
Production : Vivadoc
Producteurs : Luc Harvey et Guy Simoneau
Télédiffuseurs : TV5, Bravo ! et Canal D
Distribution : Ciné Fête et Vivadoc

Présenté en première au Festival des films sur l’art de Montréal en 2003

 

“A beautifully crafted documentary.”
“Fans of detective novels will love Simenon in America, and there’s lots there for other viewers, too.”
Paul Challen, The Gazette

 “...a gorgeous, entertaining documentary about prolific Belgian mystery writer Georges Simenon’s travels in North America and the impact the decade-long journey had on the rest of his life and career.”
B. Boshra, The Gazette

 « Voilà un documentaire que tous les amoureux de Simenon regarderont avec le plus grand intérêt.»
Claude Langlois, Le Journal de Montréal

« Documentaire fascinant sur la vie et l’œuvre du créateur du commissaire Maigret, durant sa période nord-américaine, de 1945 à 1955. »
Voilà !

 

Georges Simenon est l’un des romanciers les  plus lus du monde (600 millions d’exemplaires de livres vendus) et l’un des plus prolifiques (200 romans). Il est le créateur du commissaire Maigret et l’auteur de ce qu’il appelle des romans-tragédies.

Homme à la fois simple et complexe, Simenon est un écrivain farouchement indépendant. « C’est un vagabond hautement organisé », écrivait le biographe américain Stanley Eskin.   

À l’automne 1945, comme cela se produit souvent chez lui, Simenon se sent tout à coup étranger au décor qui l’entoure. Peu à l’aise dans le climat étouffant de l’après-guerre, le romancier belge quitte la France et part à la découverte d’espaces neufs. Il s’établit d’abord au Québec, à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans les Laurentides, « là où la neige est beaucoup plus gaie que le soleil du court été ».

Ce même automne, de passage à New York pour des rendez-vous d’affaires, Simenon fait la connaissance de Denyse Ouimet, une Canadienne-française dont il tombe éperdument amoureux. Dès lors, le cours de sa vie vient de changer. Denyse deviendra sa secrétaire, sa femme-orchestre, la mère de ses enfants.

Ce documentaire raconte la période nord-américaine de Simenon et de sa famille, de 1945 à 1955, les succès du romancier, ses revers ainsi que le style de vie de Simenon, qui n’a pas manqué d’intriguer les Américains, dans le climat pudique des années 1950.

Mis à part deux témoins vivants ayant connu Simenon — un au Québec et un autre à Lakeville, en Nouvelle-Angleterre — ainsi que des proches parents de Denyse Ouimet, et une auteure américaine qui a fondé le Georges Simenon Research Center au New Jersey, nous rencontrons Pierre Simenon, âgé de 42 ans, le plus jeune des enfants de Simenon et de Denyse Ouimet. Pierre Simenon vit en Californie où il enseigne la plongée sous-marine depuis plusieurs années. Il évoque son père, avec amour mais lucidité, et rétablit certains faits.

Simenon en Amérique se veut un road movie au contenu et à l’atmosphère parfois uniques. Un film avec des extraits d’archives rares, tourné avec simplicité sur un homme dont la passion a été de vouloir comprendre l’être humain.

 

Mot du réalisateur

Dans mes temps libres, durant les années 1990, j’ai lu toute l’œuvre du romancier belge Georges Simenon : 200 romans, une vingtaine d’autobiographies et une cinquantaine d’ouvrages biographiques. L’homme m’a ému et passionné, le romancier tout autant. Le premier roman que j’avais lu de Simenon s’appelait Le chien jaune, une édition de poche trouvée dans le fond du tiroir de la commode d’un chalet loué au lac Clair, en 1985, à deux pas de Ste-Marguerite-du-Lac-Masson. 

Dans ses Mémoires intimes, j’apprends qu’en 1945, à New York, Simenon tombe éperdument amoureux d’une Canadienne-française, Denyse Ouimet, et qu’ils passeront un hiver à Ste-Marguerite-du-Lac-Masson, en 1945-1946… Il n’y a pas de hasard. À partir de cet instant, je me suis mis en tête de faire un film documentaire sur Simenon, et plus précisément, un documentaire évoquant son séjour en Amérique, de 1945 à 1955.  Je m’étais promis deux choses : un tournage fait exclusivement sur le territoire nord-américain et sans « spécialiste » à l’écran à qui l’on demande de tout « expliquer ». Mon approche : celle d’un road movie réalisé avec simplicité, respectant en cela l’une des plus grandes qualités d’écrivain de Simenon.

J’ai commencé la recherche en 1999 et j’ai tourné le film en 2002. Entre ces années, j’ai effectué un travail de fourmi, récolté des photos et des documents écrits, d’ici et d’ailleurs (États-Unis et Europe), rencontré des témoins vivants, au Québec et aux États-Unis. J’ai connu ces deux derniers fils, John et Pierre. J’ai rencontré à New York le plus jeune, Pierre, alors âgé de 41 ans, pour lui parler de mon projet. Dans un petit bar, un après-midi d’hiver, il m’a demandé pourquoi je voulais faire un film sur son père. Je lui ai répondu que c’était tout simplement parce que je l’aimais. À partir de là, il ne s’est jamais défilé. Quant à moi, je me suis embarqué à fond et j’ai foncé jusqu’au bout, jusqu’à la réalisation du film trois ans plus tard.

Guy Simoneau